Lettre à un passant

Cher Monsieur,

Je ne sais rien de vous

Pas même votre prénom
Ni votre profession
Vos grandes passions
Vos préoccupations
Ou dures tribulations
Je ne vous connais pas
Et j’vous reverrai pas
Mais j’vous oublierai pas

Vous n’avez d’abord été pour moi qu’une brève apparition
Une fulgurance surgie sur le trottoir
Mais votre silhouette furtive a aussitôt happé mon regard
Sans m’approcher, vous m’avez touchée
Sans rien me dire, vous m’avez parlée
En étant vous, vous m’avez fait rêver
Et rien qu’pour vous, j’ai envie de sourire

Il est de ces rencontres fortuites et simples
Qui portent en elle la beauté du monde
Pas une beauté trafiquée
Pas une beauté fabriquée
Pas une beauté fantasmée
Mais une beauté humble et essentielle
Qui se donne telle quelle
Généreuse et mystérieusement naturelle
Une beauté qui est là
Et qu’on a envie de célébrer
Et qu’on a envie de préserver

J’le ferai par le théâtre
J’le ferai par l’écriture
Elle, ce s’ra par sa thèse
Et lui par ses aiguilles
Eux par leurs bistouris
Et par leur four à pierre
Vous, continuez d’sourire
Et de me faire rêver

À vos yeux espiègles et vos grosses lunettes
À votre béret et votre bleu de travail
À vos souliers et votre teint doré
À votre journal et votre sac à course
Et surtout à votre sourire édenté
Plein de générosité
Qui illumine déjà
Cette nouvelle année !

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